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tels crimes sont commis contre des êtres humains et en font des victimes, l’humanité tout
entière est elle-même une victime. Cela a été reconnu sans ambiguïté par le TPIY (dans
l’affaire Tadic, 1997) ; de tels crimes affectent la conscience humaine (TPIY, affaire Erdemovic,
1996)30, - la conscience juridique universelle, - les individus blessés tout comme l’humanité
elle-même devenant des victimes de ces crimes31. Cette compréhension à laquelle sont
parvenus le Droit international humanitaire et le Droit pénal international contemporain, doit,
de mon point de vue, être également intégrée à l’univers conceptuel du Droit international des
droits de l’homme. Cet Arrêt de la Cour interaméricaine dans l’affaire en cause Almonacid
Arellano et autres constitue un premier pas dans ce sens.
Antônio Augusto Cançado Trindade
Juge
Pablo Saavedra Alessandri
Secrétaire
Journal of International Law (1999) pp. 43-57; et, pour les antécédents historiques, cf., v.g., H. Fujita,
"Le crime contre l'humanité dans les procès de Nuremberg et de Tokyo", 34 Kobe University Law Review
(2000) pp. 1-15. – Les crimes contre l’humanité sont aujourd’hui précisés dans le Statut de Rome de la
Cour pénale internationale permanente (article 7).
.
J.R.W.D. Jones, The Practice of the International Criminal Tribunals..., op. cit. supra n. (24),
pp. 111-112.
30
.
A.A. Cançado Trindade, "International Law for Humankind: Towards a New Jus Gentium - General
Course on Public International Law", Recueil des Cours de l'Académie de Droit International de la Haye
(2005) chap. XI (sous presse).
31